Fès fascine par ses ruelles tortueuses, ses medersas somptueuses et son artisanat vivant. Quatre journées permettent de plonger dans l’âme de cette ville millénaire tout en s’accordant des pauses pour savourer l’atmosphère unique des souks et des jardins secrets.
Premier jour à Fès : une immersion dans la médina el-Bali
La matinée commence à Bab Boujloud, la porte bleue iconique qui marque l’entrée de la vieille ville. Dès les premiers pas, l’odeur du cuir tanné et des épices envahit les sens. La rue Talaa Kebira serpente vers le cœur de la médina, bordée d’échoppes où les artisans façonnent le cuivre à la main.
L’après-midi se poursuit vers la mosquée Quaraouiyine, fondée en 859 et considérée comme la plus ancienne université au monde. Les non-musulmans ne peuvent y entrer, mais l’architecture extérieure mérite l’observation. Juste à côté, la médersa Bou Inania éblouit par ses zelliges colorés et ses boiseries sculptées. Cette école coranique du XIVe siècle reste l’une des rares où les visiteurs peuvent monter au minaret.
En fin de journée, le quartier des tanneurs Chouara offre un spectacle saisissant. Les cuves colorées où travaillent les artisans créent une mosaïque vivante, même si l’odeur forte demande un temps d’adaptation. Les terrasses environnantes permettent d’observer le travail ancestral du cuir tout en gardant ses distances.
Deuxième journée : voir l’artisanat et l’architecture sacrée de Fes
La médersa Attarine ouvre la journée avec ses proportions harmonieuses et ses décorations délicates. Construite au XIVe siècle, elle accueillait les étudiants en théologie dans des chambres minuscules donnant sur une cour centrale. Le silence qui y règne contraste avec l’agitation des souks voisins.
Le souk Attarine justement, spécialisé dans les épices et les parfums, invite à flâner parmi les pyramides de safran, de cumin et de ras el-hanout. Les vendeurs proposent volontiers de sentir leurs mélanges sans pression d’achat. Un peu plus loin, la place Seffarine résonne des coups de marteau des dinandiers qui fabriquent plateaux, théières et lampes traditionnelles.

L’après-midi s’articule autour du palais royal et ses portes dorées monumentales. Bien que l’intérieur reste fermé au public, les jardins du Jnan Sbil, situés à proximité, proposent une échappée verdoyante. Ces espaces aménagés à la française au début du XXe siècle offrent des bancs ombragés et des fontaines rafraîchissantes, parfaits pour une pause avant de reprendre l’exploration.
Troisième jour à Fès : entre histoire juive et poterie ancestrale
Le mellah, ancien quartier juif de Fès, révèle une facette méconnue de la ville. Que voir ?
- Ses balcons en bois sculpté et ses ruelles étroites témoignent d’une communauté qui a contribué à la richesse culturelle de la cité pendant des siècles.
- Le cimetière juif, sur les hauteurs, offre une vue panoramique sur toute la médina.
- Les tombeaux mérinides, perchés sur une colline au nord, constituent l’étape suivante.
Ces ruines modestes valent surtout pour le panorama qu’elles offrent sur Fès el-Bali et Fès el-Jdid. Le coucher du soleil y attire photographes et contemplatifs, transformant les toits de tuiles vertes en un océan doré.
La journée se clôt dans le quartier des potiers, où les fours traditionnels fonctionnent depuis des générations. Les artisans façonnent la célèbre céramique bleue de Fès selon des techniques transmises de père en fils. Certains ateliers acceptent les visiteurs et expliquent les étapes de fabrication, de l’argile brute aux motifs géométriques finaux.
Quatrième jour : les palais cachés et les saveurs locales de Fes
Le palais Nejjarine, transformé en musée des Arts et Métiers du bois, présente une collection d’objets traditionnels dans un cadre somptueux. La fontaine centrale et les plafonds peints créent une atmosphère propice à l’émerveillement. Le café sur la terrasse permet d’admirer la fontaine Nejjarine et l’animation de la place.
Un déjeuner dans un restaurant traditionnel s’impose pour goûter la pastilla au pigeon, les tajines parfumés et les cornes de gazelle. Plusieurs établissements proposent des cours de cuisine pour ceux qui souhaitent reproduire ces recettes chez eux. L’art de préparer un thé à la menthe selon les règles fait également partie de ces apprentissages savoureux. L’après-midi se consacre au musée Batha, installé dans un ancien palais. Ses collections de céramiques, de broderies et d’instruments de musique retracent l’évolution de l’artisanat fassi. Le jardin andalou au centre du bâtiment invite à une dernière pause contemplative avant de quitter cette ville envoûtante.
Nos conseils pratiques pour organiser son séjour fassi
Un guide local transforme la visite en déchiffrant l’histoire des monuments et en naviguant dans le labyrinthe de la médina. Les tarifs oscillent entre 200 et 400 dirhams la journée selon les prestations. Certains proposent des circuits thématiques axés sur l’artisanat, la gastronomie ou l’architecture.
Les riads, maisons traditionnelles converties en hébergements, offrent un cadre authentique au cœur de la médina. Leurs patios ornés de fontaines et leur décoration soignée justifient les tarifs, généralement compris entre 400 et 1200 dirhams la nuit. Réserver dans Fès el-Bali garantit une immersion totale, même si trouver l’adresse exacte peut demander de l’aide.
La période idéale s’étend de mars à mai et de septembre à novembre, quand les températures restent agréables pour arpenter les ruelles. L’été écrase la médina sous une chaleur étouffante, tandis que l’hiver apporte fraîcheur et pluies occasionnelles. Porter des chaussures confortables devient indispensable face aux pavés inégaux et aux montées fréquentes.

